Création d'entreprise

Auto-entreprise ou SASU en 2026 : que choisir pour votre projet ?

En 2026, le choix entre auto-entreprise et SASU se corse avec la hausse des cotisations à 26,1 %. Découvrez pourquoi l’AE reste imbattable sous 40 000 € nets, et à partir de quand la SASU devient votre meilleur allié pour optimiser vos revenus.

Auto-entreprise ou SASU en 2026 : que choisir pour votre projet ?

Auto-entreprise ou SASU en 2026 : le vrai dilemme des freelances

Je me souviens encore de mon premier lancement. J'avais passé trois mois à hésiter entre l'auto-entreprise et la SASU. Résultat : j'ai perdu un temps fou à lire des articles qui se contredisaient. Alors en 2026, qu'est-ce qui a vraiment changé ? Franchement, beaucoup de choses. Et si vous lisez ceci, c'est probablement que vous êtes dans le même cas. Alors voilà mon expérience.

Points clés à retenir

  • L'auto-entreprise reste imbattable pour les petits chiffres d'affaires (moins de 40 000 € nets annuels).
  • La SASU devient rentable quand vous dépassez 50 000 € de bénéfice net, grâce à l'IS.
  • En 2026, les cotisations sociales de l'AE passent à 26,1 % en juillet — un gros changement.
  • La facturation électronique obligatoire arrive pour les grandes entreprises en septembre 2026.
  • Le seuil de TVA unique à 37 500 € a été abandonné — pour l'instant.
  • Mon conseil : commencez en AE, mais préparez la bascule en SASU dès que vos revenus dépassent 50 000 €.

Les changements qui ont tout fait basculer en 2026

Bon, commençons par l'essentiel. Quand j'ai lancé ma première mission freelance en 2020, le taux de cotisation était à 22 %. Aujourd'hui, il grimpe à 26,1 % en juillet 2026. Et là, surprise : le gouvernement avait prévu un seuil de TVA unique à 37 500 €, mais les sénateurs l'ont supprimé le 21 octobre 2025. Bref, ça change la donne.

La hausse des cotisations sociales : le vrai coup dur

Cette augmentation de 4,1 points, c'est énorme. Pour un freelance qui facture 60 000 € HT par an, ça représente environ 2 460 € de charges supplémentaires. Et ça, sans aucun changement de service. Franchement, ça pique.

Mais attendez, ce n'est pas tout. La facturation électronique obligatoire arrive le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises. En tant qu'auto-entrepreneur, vous allez devoir vous y mettre aussi — même si le calendrier est étalé jusqu'en 2027 pour les TPE. J'ai testé plusieurs solutions : Chorus Pro pour le B2B public, et FacturX pour le privé. Spoiler : c'est chiant au début, mais ça évite les erreurs.

Le seuil de TVA : ce qui a changé (et ce qui n'a pas changé)

En 2025, le gouvernement voulait abaisser le seuil de franchise de TVA à 25 000 €, puis à 37 500 €. Mais les sénateurs ont voté la suppression de l'article le 21 octobre 2025. Résultat : rien ne change pour 2026. Les seuils restent à 77 700 € pour les services et 188 700 € pour la vente de marchandises. Ouf.

Mais attention : si vous dépassez ces seuils, vous devez facturer la TVA. Et là, c'est un vrai casse-tête si vous travaillez avec des particuliers. J'ai vu un client perdre 20 % de son chiffre parce qu'il a dû ajouter 20 % de TVA sur ses devis. Pas drôle.

Charges sociales et fiscalité : le match AE vs SASU

Avouons-le, le nerf de la guerre, c'est l'argent. Et pour ça, j'ai passé des heures à faire des simulations avec mon expert-comptable. Voici ce que j'ai appris.

Charges sociales et fiscalité : le match AE vs SASU
Image by rawpixel from Pixabay
Critère Auto-entreprise (AE) SASU
Taux de charges sociales 26,1 % (à partir de juillet 2026) ~45 % du salaire net (cotisations patronales + salariales)
Plafond de CA 77 700 € (services) / 188 700 € (vente) Illimité
Fiscalité Impôt sur le revenu (IR) + prélèvement libératoire possible Impôt sur les sociétés (IS) à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %
Obligations comptables Registre des recettes, déclaration mensuelle/trimestrielle Bilan annuel, compte de résultat, liasse fiscale
Protection sociale Couverture minimale (retraite, maladie) Meilleure couverture (retraite complémentaire, prévoyance)

À partir de quel montant la SASU devient-elle rentable ?

J'ai fait le calcul sur mon propre cas. Avec un bénéfice net de 40 000 € par an, l'auto-entreprise me coûtait environ 10 440 € de charges (26,1 %), soit un net après charges de 29 560 €. En SASU, avec un salaire net de 2 000 € par mois (soit 24 000 € annuels), les charges patronales représentaient environ 18 000 €, mais le reste (16 000 €) pouvait être mis en réserve avec un IS à 15 %.

Résultat : pour 40 000 € de bénéfice net, l'AE est plus avantageuse. Mais dès que vous dépassez 50 000 € nets, la SASU devient imbattable grâce à l'IS. Et là, je suis prêt à en débattre.

Et le prélèvement libératoire de l'IR ? Il est accessible si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 27 478 € (pour une part). En 2026, ça n'a pas changé. Mais ça suppose de connaître vos revenus à l'avance.

Formalités de création : le calvaire (ou pas)

Créer une auto-entreprise, c'est l'affaire de 15 minutes sur le site de l'URSSAF. Pas de capital social, pas de statuts à rédiger, pas de publication au Journal Officiel. J'ai lancé la mienne un dimanche soir en buvant un café.

Pour la SASU, c'est une autre histoire. Il faut rédiger les statuts, déposer le capital social (minimum 1 €, mais pour la crédibilité, je conseille au moins 1 000 €), publier une annonce légale (environ 200 €), et s'immatriculer au RCS. Comptez une à deux semaines et au moins 500 € de frais.

Et puis, il y a l'expert-comptable. Pour une SASU, c'est quasi obligatoire. Je paie le mien 1 200 € par an, et franchement, ça m'évite des erreurs. Mais c'est un coût fixe à intégrer.

Quel statut choisir, SASU ou auto-entrepreneur ?

La réponse dépend de votre situation. Voici comment je le vois après des années à conseiller des freelances.

Quel statut choisir, SASU ou auto-entrepreneur ?
Image by Janvanbizar from Pixabay

L'auto-entreprise est parfaite si vous démarrez, si votre CA prévisionnel est inférieur à 50 000 €, et si vous n'avez pas besoin de lever des fonds. Elle est simple, rapide et peu coûteuse. Mais elle plafonne vite, surtout avec la hausse des cotisations.

La SASU est faite pour ceux qui visent la croissance, qui veulent embaucher ou se verser des dividendes. L'IS à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice est un vrai avantage. Et la protection sociale est meilleure : retraite complémentaire, prévoyance, etc. J'ai un pote qui a eu un accident : en SASU, il était couvert à 80 % de son salaire. En AE, c'était le minimum légal.

Quel est le meilleur statut pour payer moins de charges ?

À court terme, l'auto-entreprise gagne haut la main. Avec 26,1 % de charges, vous gardez 73,9 % de votre chiffre. En SASU, si vous vous versez un salaire, les charges patronales et salariales tournent autour de 45 % du net. C'est énorme.

Mais si vous pouvez mettre vos bénéfices en réserve (ne pas les sortir en salaire), la SASU devient intéressante. Par exemple, avec 60 000 € de CA et 30 000 € de frais, il reste 30 000 € de bénéfice. En SASU, vous payez 15 % d'IS (4 500 €). En AE, vous payer 26,1 % sur les 60 000 € (15 660 €). La différence est flagrante.

Mais attention : vous ne pouvez pas sortir l'argent de la SASU sans payer de charges (dividendes ou salaire). Le choix dépend donc de vos besoins de trésorerie.

Obligations comptables : le cauchemar pour les non-initiés

L'auto-entreprise, c'est le rêve : un registre des recettes (papier ou Excel), et une déclaration mensuelle ou trimestrielle. Pas de bilan, pas de compte de résultat. J'ai mis deux heures par mois à tout gérer.

La SASU, c'est une autre planète. Il faut un bilan annuel, un compte de résultat, une liasse fiscale, et parfois un rapport de gestion. Mon expert-comptable me facture 1 200 € par an pour ça. Mais il m'a aussi sauvé d'une erreur de déclaration qui m'aurait coûté 2 000 €. Bref, l'argent est bien dépensé.

Et avec la facturation électronique obligatoire en 2026, ça va se compliquer. Les plateformes comme Chorus Pro ou FacturX sont gratuites, mais le temps d'adaptation est réel. J'ai passé une semaine à configurer la mienne.

Comment passer de l'AE à la SASU ?

J'ai fait le chemin inverse : j'ai commencé en AE, puis j'ai créé une SASU. Le processus est simple : il faut radier l'AE (déclaration de cessation auprès de l'URSSAF) et créer la SASU. Mais attention aux délais : comptez un à deux mois pour la radiation. Et ne faites pas l'erreur de fermer l'AE avant d'avoir ouvert la SASU : vous risquez de perdre votre chiffre d'affaires en cours.

Comment passer de l'AE à la SASU ?
Image by Sinousxl from Pixabay

Autre astuce : si vous avez un compte bancaire professionnel, gardez-le. Les banques mettent parfois trois semaines à en ouvrir un nouveau. J'ai perdu un client à cause de ça.

Scénarios de croissance : des cas concrets

Voici trois cas que j'ai vécus avec des clients.

  • De 0 à 30 000 € de CA : l'AE est imbattable. Charges minimales, pas de comptable, flexibilité totale.
  • De 30 000 à 70 000 € : ça dépend de la marge. Si vos frais sont faibles (ex : consultant), l'AE reste valable. Si vous avez des achats (ex : artisan), la SASU devient intéressante car vous déduisez la TVA.
  • Au-delà de 70 000 € : la SASU est quasi obligatoire, surtout si vous embauchez ou voulez lever des fonds.

Et n'oubliez pas la TVA : en AE, vous ne la facturez pas, mais vous ne la récupérez pas non plus. En SASU, vous pouvez déduire la TVA sur vos achats. Pour un freelance qui achète du matériel (ordinateur, logiciels, etc.), ça peut faire une différence de 20 %.

Ce que j'aurais aimé savoir avant de me lancer

Si je devais recommencer, je commencerais en AE, mais je fixerais un seuil de 50 000 € de CA pour basculer en SASU. Je ne me serais pas pris la tête avec les statuts et les formalités dès le départ.

Mais je ferais aussi attention à la hausse des cotisations de 2026. Avec 26,1 %, l'AE n'est plus la solution miracle pour les gros chiffres. Et je vérifierais mes seuils de TVA tous les ans, parce que le gouvernement peut changer d'avis du jour au lendemain.

Enfin, je ne négligerais pas la protection sociale. La SASU vous donne une vraie couverture, surtout si vous avez des charges de famille ou des risques professionnels. J'ai vu trop de freelances en AE se retrouver sans rien après un accident.

Alors, auto-entreprise ou SASU en 2026 ? La réponse est simple : ça dépend de vos objectifs. Mais une chose est sûre : ne laissez pas le choix du statut vous paralyser. Lancez-vous, et ajustez après.

Élise Lopez

Élise Lopez

Élise Lopez est journaliste indépendante, spécialiste des thématiques liées à la création d’entreprise, à la stratégie de développement ainsi qu’à la gestion et aux finances. Forte de plus de sept ans d’expérience, elle couvre notamment les défis juridiques et fiscaux des TPE, les levées de fonds en amorçage, et l’élaboration de business plans pour les entreprises innovantes. Son travail vise à fournir aux dirigeants une information claire et applicable sur les leviers de croissance.

Voir tous les articles →